Qu’est ce que le safran ?

Le safran est une plante bulbeuse, un corme exactement, plante vivace qui appartient à la famille des Iridacées .

(C)Guy Ackermans 2005

Il se reproduit uniquement par multiplication végétative (de nouveaux cormes se forment sur l’ancien) ce qui veut dire qu’il a besoin de la main de l’homme (ou de la femme!!) pour être replanté.

Son origine serait l’Asie Mineure ou le bassin méditerranéen oriental.

Il est vraisemblable que ce  soit les Perses qui soient à l’origine de l’exportation de cette épice dans les différents pays du monde antique.

Il y a 5000 ans, il aurait été introduit en Cachemire par les invasions Mongoles , puis en Gaule par les phéniciens et en Palestine par les croisés! Quel voyage !

Les Egyptiens, Indiens et Perses, le cultivait pour  aromatiser les aliments.

Les Bonzes coloraient  leurs toges, symbole de pureté.

Il était utilisé en calligraphie, enluminure.

Il fit son apparition en France au Moyen-Age. Deux grands bassins de production, le Quercy et le Gâtinais.

L’ampleur de cette culture lui value d’être classé parmi les productions importantes obligeant à légiférer sur sa conduite, sa commercialisation et son imposition !

A cette époque le safran est expédié vers toute l’Europe et les Indes.

Petit à petit , sa culture déclina, les guerres , la main d’œuvre principalement féminine qui remplacent les hommes à l’usine au détriment des champs de safran, les maladies de sol qui empêchent de replanter au même endroit et les colorants et arômes synthétique ont raison de sa culture .

La production française a été, à son apogée ,+ de près de 50 tonnes, et  était exportée dans le monde entier.

La capitale commerciale du safran fut longtemps la ville de Boynes.

Depuis les années 80 la production redémarre dans les régions traditionnelles telle que Gâtinais, Provence , Quercy

En 1999, un fabuleux concours de circonstance a permis de ramener en surface cette fameuse foire au safran de Preuilly sur Claise.

A la suite d’une simple conversation, des recherches ont été faites pour en apprendre davantage sur un événement annuel qui se déroula jusqu’au XVIIème siècle.

Il fut découvert que le jour de la Saint -Luc ( 17 février à l’époque) , une foire où l’on vendait quantité de safran, se tenait hors les murs de la ville.

Par ailleurs, Rabelais mentionne et vante lui-même les délices de la si bonne fouace au safran de Preuilly.

Malheureusement, aucune trace de culture de fleurs de safran n’a été retrouvée sur les abords de la Claise dont le sol et l’exposition méridionale sont propices à son épanouissement.

C’est Paul MÉRIGUET, passionné de truffe et de safran, qui, sur les conseils amicaux de M. et Mme MONNIER et de Gisèle et Jacques MANREZA, se lance dans la culture du safran dans son jardin.

Il rétablit, en 1999, avec le comité des fêtes de Preuilly-sur-Claise, deux foires : L’une, le 3e samedi de février (date la plus proche de la Saint Luc qui n’est plus fêtée aujourd’hui) pour la vente des stigmates, et la seconde, le premier samedi de juillet pour la vente des bulbes.

L’Association des Safraniers de Touraine a été créée en 2006. Elle compte aujourd’hui une vingtaine d’adhérents.

Les objectifs de l’association sont de contribuer au développement de la production, d’améliorer les techniques de production et de promouvoir le safran de Touraine.

Ces producteurs ont décidé de relancer la culture de la fleur “Crocus sativus” dont est extrait le pistil dénommé Safran. Cette épice était déjà connue en Touraine au Moyen Age.

Appliquant des méthodes artisanales, respectueuses de l’environnement, les Safraniers de Touraine proposent un produit d’une saveur intense pour une cuisine d’excellence.

La production française met l’accent sur une culture propre et de très belle qualité contrairement au Maroc et l’Iran.